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Bourse : 3 stratégies pour gérer une action qui baisse

Devoir gérer une action qui baisse est le boulet que tout investisseur particulier ou institutionnel doit trainer à un moment ou un autre.

Quelque soit votre niveau, votre formation et votre chance à un moment ou un autre le fameux titre que vous suivez depuis un moment se retourne à la baisse et c’est la déroute rapide.

Je vous propose donc de partager mes 3 méthodes qui permettent de gérer une action qui baisse, certaines d’entre elles sont « politiquement correctes » dans le monde du trading à savoir que 99% des influenceurs / analyses en parlent.

D’autres sont (à juste titre) qualifiées d’hasardeuses voir de dangereuse, mais nous allons voir qu’en matière de trading et d’investissement c’est comme dans la vie, rien n’est blanc ou noir.

Stratégie 1 : se couper le bras

On va commencer par le politiquement correct, le conseil prudent et responsable, celui que vous aurez dans toutes les formations et dans la bouche de tous les gourous du web et des réseaux sociaux.

Et c’est vrai que dans la plupart des cas, ça reste la meilleure méthode car radicale, simple à exécuter, ne nécessite aucune compétence et permet de ne pas aggraver ses pertes.

Cette méthode pour gérer une action qui baisse c’est donc de se couper le bras, à défaut de s’être coupé une main ou un doigt avec un stop loss, car bien sur ça reste la meilleure stratégie de money management que d’avoir un ordre automatique qui liquide votre position sous un certain seuil.

Mais puisque vous êtes là, soyons honnêtes, c’est que vous n’avez justement pas mis de stop loss, et qu’au lieu de sortir à -2 ou -3%, vous vous retrouvez avec une action qui baisse de 30, 40 ou 50% voir pire.

Et là… comment on fait ? Et bien la méthode numéro 1 c’est de couper la position et d’accepter la perte, point (.)

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Bien sur, ça fait mal de perdre autant sur une action qui baisse soudainement mais pour reprendre l’image de l’amputation, s’il vaut mieux se couper une main que le bras (poser un stop loss) , il vaut aussi mieux se couper un bras que de crever !

Au delà de la perte financière, liquider une action qui baisse c’est aussi se débarraser d’un fardeau psychologique et repartir sur de nouvelles bases : vous actez votre mauvaise décision et en assumez la conséquence, puis vous passez à autre chose.

Cela ouvre des perspectives plus optimistes, sans cette ligne rouge vif qui attire votre œil à chaque connexion à votre compte, et l’état d’esprit positif est on le sait une qualité INDISPENSABLE pour tout investisseur car investir c’est croire que l’avenir sera meilleur que le présent.

En clair, que votre action qui baisse perde 30 ou 50%, liquidez-là et regardez vers l’avant, le marché propose des opportunités en permanence.

Stratégie 2 pour gérer une action qui baisse : l’espoir fait vivre

Méthode plus contestée car très répandue auprès des investisseurs particuliers qui n’ont aucune éducation financière ou de notion de money management, celle de tout simplement attendre.

Et pourtant, être passif et simplement attendre peut se révéler être tout simplement la meilleure stratégie car le temps, le contexte, les news ou Donald Trump peuvent également être votre allié.

Exemple : imaginons que vous preniez un tracker CAC40 en plein milieu de la chute vertigineuse des marchés ayant eu lieu entre le 21 février et le 18 mars 2020, disons le 9 mars 2020.

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A peine 10 jours plus tard, vous voilà à quasiment -25% si vous n’avez pas de stop de protection, le pire aurait été de tout liquider sur le point bas et accuser des pertes importantes alors que le marché repart dans la foulée.

Et bien, cette position prise le 6 mars 2020 serait aujourd’hui en bénéfice de 15% sans rien faire, juste en laissant le temps faire son oeuvre.

Oui mais voilà, une action qui baisse de 30% c’est une action qui peut continuer de baisser d’autant voir d’encore plus dans les semaines qui arrivent, cette stratégie n’est donc applicable selon moi que sur :

  • Des baisses de type « accident » (mauvais résultats, pandémie, rumeurs…)
  • Sur des titres haussier et très solides ou les indices (qui sont tous haussiers par définition) et qui ne vont pas se transformer en penny stock
  • Si vous avez fait une analyse fondamentale en béton et que vous êtes persuadé de sa sous valorisation

Si aucune de ces conditions n’est respectées il s’agira probablement d’une mauvaise décision que de choisir cette stratégie pour gérer une action qui baisse.

Stratégie 3 : Moyenner à la baisse, le grand taboo

On touche là au point le plus sensible de cet article qui ne va pas manquer de faire bondir certains pour qui moyenner à la baisse est un crime qui se situe entre le meurtre d’enfant et le révisionnisme dans l’échelle de l’ignominie.

Et pourtant, s’il est vrai que dans la plupart des cas, moyenner à la baisse son prix de revient sur une action qui baisse de jour en jour est une mauvaise idée, c’est parfois la meilleure stratégie.

Cas numéro 1 : analyse fondamentale vs timing

Un vieux dicton dit que le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable : autrement dit, vous avez beau avoir raison dans l’absolu sur un titre, vous n’êtes pas à l’abri de l’acheter au mauvais moment, sans signal d’entrée.

Vous vous retrouver donc avec une action qui baisse encore et encore bien que fondamentalement largement sous évaluée.

Dans ce cas, et seulement si votre analyse tient la route et sans toutefois s’entêter, il peut-être intéressant d’en racheter à moins cher sur un support ou un signal de retournement.

Cas numéro 2 : les cycliques

Certains titres sont dits « cycliques » à savoir qu’ils dépendent fortement de l’économie réelle, du pouvoir d’achat et de l’optimisme des consommateurs : construction, automobile, banques, tourisme…

Les résultats de ces entreprises varie donc de façon cyclique, avec l’économie et il peut être intéressant d’accumuler des positions supplémentaires à bas prix en attendant le retour du cycle haussier.

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Je vous accorde que cela nécessite une analyse fine sur les perspectives des sociétés en question (bilans, bénéfices, perspectives mais aussi le secteur d’activité) et ne pas le faire uniquement afin de baisser son PRU.

Moyenner à la baisse est une mauvaise chose si cela est fait pour les mauvaises raisons donc, mais reste une arme redoutable pour celui qui l’utilise consciencieusement.

Sur les marchés financiers, tout le monde se trompe et c’est bien souvent notre façon de gérer nos erreurs qui détermine notre performance finale.

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